"Bombe camarguaise" : nouvelle opposition du Député Reynès au nouveau texte du Député MyardDécouvrez le nouveau courrier que vient d'adresser le Député-Maire de Châteaurenard Bernard Reynès (UMP) au Député-Maire de Maison Laffite Jacques Myard (UMP). Celui-ci vient en effet de déposer une deuxième proposition de loi visant « à rendre obligatoire le port d’un casque protecteur pour les cavaliers circulant sur la voie publique » enregistrée à la présidence de l'Assemblée Nationale le 8 juillet 2009. Incluant l'ensemble des cavaliers dans sa première version, ce texte avait provoqué de vives réactions en début d'année dans le milieu traditionnel provençal et camarguais.
Bernard Reynès, Député des Bouches du Rhône et Maire de Châteaurenard, avait été le seul à faire part officiellement de son opposition à cette proposition de loi. Il avait notamment écrit à son collègue Jacques Myard : « L’équitation camarguaise touche à la tradition, à l’histoire et aux fondements même d’un territoire... C’est une culture à part entière, un folklore que l’on se transmet ici de génération en génération. Une culture avec ses codes, ses rendez-vous, ses us et ses coutumes dont la tradition vestimentaire n’est pas l’un des moindres. Le port obligatoire d’un casque de protection pour les gardians y compris pour des arlésiennes montées en croupe et dont la coiffe complète une tenue très particulière serait vécue comme une perte d’identité... » . Profitant ensuite de la venue du Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Alain Marleix, le 10 avril dernier à Châteaurenard, Bernard Reynès avait fait une déclaration solennelle sur le perron de la mairie pour, une nouvelle fois, dire sa ferme opposition à ce texte. Une argumentation visiblement retenue par le député Myard qui, dans sa nouvelle proposition, évoque clairement : « L’aspect culturel de certaines manifestations n’est toutefois pas à négliger, et il convient de ne pas pénaliser les traditions locales ni les spectacles équestres. Dans certaines régions, le cheval est partie intégrante de cultures et traditions locales très vivaces qu’il convient de préserver. Aussi, s’il serait irresponsable, injuste, et contraire au principe d’indivisibilité de la République de prévoir des dérogations locales à l’obligation des équipements de sécurité, il convient d’en exempter les participants à des manifestations équestres traditionnelles ou tournages de films, sous réserve que des conditions de sécurité soient prévues par les organisateurs. C’est le sens de l’article 2 qui permet aux préfets d’accorder de telles dérogations.... » Des demandes de décisions préfectorales systématiques qui, pour le Député-Maire Bernard Reynè, mettraient en péril nos traditions. C'est la raison pour laquelle il exprime une nouvelle fois sa ferme opposition à cette proposition de loi.
La lettre du député Reynès en date du 4 août et adressée au Député Myard « Monsieur le Député, Vous avez bien voulu me communiquer votre nouvelle proposition de loi sur « le port obligatoire du casque protecteur pour les cavaliers circulant sur la voie publique » enregistrée à la présidence de l'Assemblée Nationale le 8 juillet dernier et je vous en remercie. Au regard du premier texte pour lequel, dès janvier dernier, je vous faisais part de mon opposition, j'ai noté avec beaucoup d'intérêt la prise en compte de mes observations sur, notamment, la spécificité de l'équitation camarguaise qui ne peut être en rien comparée à l'équitation de loisirs. Touchant à la tradition, à l'histoire et aux fondements même d'un territoire, c'est en effet une culture à part entière avec ses us et ses coutumes dont la tradition vestimentaire n'est pas l'un des moindres. Je ne peux donc que souscrire à votre argumentaire quand vous notez que « l'aspect culturel de certaines manifestations n'est toutefois pas à négliger et qu'il convient de ne pas pénaliser les traditions locales ni les spectacles équestres. Dans certaines régions, le cheval est partie intégrante de cultures et traditions locales très vivaces qu'il convient de préserver... » Pour autant, il ne me paraît pas crédible, comme vous le préconisez, que de telles manifestations soient l'objet de dérogations systématiques accordées par les préfets. Dans le seul pays d'Arles, ces manifestations ou spectacles équestres sont en effet quotidiens durant les trois mois de l'été. De telles demandes administratives obligatoires pour un simple défilé apparaitraient alors comme un obstacle voire un frein au bon déroulement de nos festivités et mettraient en péril nos traditions séculaires. Pour cette raison, et au nom de notre histoire et de notre art de vivre qui attirent des milliers de personnes en quête d'authenticité, je tiens à vous exprimer ma ferme opposition à ce nouveau texte dans le sens que nos traditions ne peuvent être suspendues à des décisions préfectorales qui resteraient aléatoires. Restant à votre disposition, je vous prie d'agréer, Monsieur le Député, Cher Collègue, l'expression de mes sentiments les meilleurs. Bernard REYNES» |