Radars automatiques : la fronde des députés (publié le 1er juillet 2009)Les députés commencent à se lasser des plaintes de leurs électeurs qui n’en peuvent plus de perdre des points pour des infractions routières mineures. L’un d’eux, Bernard Reynès, propose une loi visant à supprimer le retrait de point pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h. Peut mieux faire... On aura tout vu : les députés mènent la fronde contre le gouvernement sur le front des radars automatiques ! Las de recevoir, dans leur circonscription, les plaintes des conducteurs ordinaires amputés de points pour de petits excès de vitesse, ils devraient être environ 130 à cosigner, jusqu’au 1er juillet, la proposition de loi de l’élu UMP des Bouches-du-Rhône, Bernard Reynès. Voici le texte : « Les infractions au code de la route pour un dépassement de vitesse inférieur à cinq kilomètres par heure donnent lieu au paiement d’une amende forfaitaire de 3e classe mais n’entraînent pas de perte de point sur le permis de conduire lors des deux premières infractions constatées. À la troisième, l’amende et la suppression de point se cumulent dans l’année civile. » Cette proposition sera présentée à l’Assemblée nationale le plus rapidement possible. Léger assouplissement. Cet assouplissement de la répression s’avère tout de même plutôt timoré. Avec ce seuil de seulement 5 km/h, les députés, UMP pour la plupart, ne poussent pas le bouchon trop loin et n’entreront pas en conflit direct avec l’initiateur de la politique du radar, un certain Nicolas Sarkozy… « Nous sommes le seul pays européen à appliquer la suppression de points pour des délits inférieurs à 20 km/h », explique Laurent Hecquet, délégué général de l’association 40 Millions d’Automobilistes, qui a présenté un exposé dramatique sur l’avenir du dispositif radars-perte de points en France. L’association a effectué des projections : en 2012, quand le nombre de radars automatiques sera passé à 5000 en France, le nombre de PV grimpera à 22 millions et le système s’engorgera. « La suppression du retrait de points pour les infractions mineures s’avère la seule solution pour anticiper sur ce cataclysme », a expliqué Laurent Hecquet aux députés. Changement d’attitude. Cette énième proposition de loi (au moins 5 depuis le début de l’année sur le sujet) a le mérite de relancer le sensible débat sur la sévérité du permis à points. Elle succède à la décision du Conseil d’État d’assouplir les suppressions de permis pour motif professionnel. « Nous avons l’arsenal répressif le plus contraignant d’Europe, déplore le député méditerranéen. Même en Allemagne, qui est un exemple de rigueur en général, entre 0 et 20 km/h il n’y a pas de suppression de points. L’excès de zèle est ressenti par nos concitoyens, qui ne sont pour la plupart ni des chauffards ni des criminels en puissance. » La politique de sécurité routière au radar ne ferait plus recette ? Amusante, cette fronde des députés. Ce sont les mêmes, ou presque, qui ont voté une succession de lois répressives depuis 2003… On espère tout de même que leur lutte aboutisse.
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