Après que l'Assemblée Nationale ait approuvé l'instauration d'une taxe sur les sodas en PLF recettes, le Député Bernard Reynès a fait voter, le jeudi 3 novembre dernier, un amendement afin que la mesure serve à financer une baisse du coût du travail dans l'agriculture par la réduction d'environ un euro de charges sociales pour un Smic horaire.
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Vendredi, 16 Janvier 2009 09:28

C'est la deuxième fois que le CAPS développe l'action du Député ReynèsBernard Reynès fait la "une" du magazine CAPS 

Dans son numéro de janvier 2009, le « CAPS », magazine national des commerces alimentaires de proximité, fait la part belle au Député Bernard Reynès en lui consacrant deux pages pleines. Retour sur son action de président du groupes d’études sur le commerce non sédentaire, les marchés et le commerce de proximité à l’Assemblée Nationale ou le projet de loi sur le travail dominical, nous vous proposons de retrouver ci-après l’intégralité de cette interview

En qualité de Président du groupes d’études sur le commerce non sédentaire, les marchés et le commerce de proximité à l’Assemblée Nationale, pouvez-vous nous dresser un bilan de vos actions 2008 en direction du commerce de proximité ?
Permettez-moi tout d’abord de revenir sur la genèse de mon action. Maire de Châteaurenard dans les Bouches du Rhône en 2001, j’ai trouvé une ville fragilisée par la prolifération de grandes surfaces dans un rayon d’une dizaine de kilomètres. Mon action s’est ainsi constituée sur une stratégie de revitalisation de ma commune, notamment par la rénovation de l’aménagement urbain, en m’appuyant sur les professionnels que sont les commerçants…

 Elu Député, et passionné par ce sujet, j’ai donc demandé la création de ce groupe d’études puisque, dans la précédente législature, il n’existait qu’un groupe sur le commerce non-sédentaire. Le commerce de proximité n’était jusque-là aucunement représenté ! Dès sa création, en décembre 2007, cette structure parlementaire a connu un succès important puisque près de 90 Députés l’ont rejoint.
Dans un premier temps, en avril 2008, nous avons auditionné Robert Rochefort, directeur du Credoc, qui très tôt du reste nous avait sensibilisé sur l’ouverture dominicale. Le mois suivant, nous avons reçu Gilles Vignaud, président de l’UNFD et Sandrine Choux, la déléguée générale avant que, pour élargir notre réflexion, nous convions Jérôme Bédier, le président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution en juin 2008. Enfin, en novembre dernier, nous avons auditionné Hervé Novelli, secrétaire d’état chargé du commerce, de l’artisanat, des petites entreprises et moyennes entreprises. Vous le constatez, c’est un groupe que je veux faire vivre !
Sur un deuxième axe, je me suis rapidement penché sur le rapport Attali qui préfigurait de la future Loi de Modernisation de l’Economie. Dans ce cadre, j’ai ainsi déposé une vingtaine d’amendements portant principalement sur le titre II, c’est à dire la réforme du cadre juridique des relations commerciales.

Dans une réunion publique à Saint-Rémy de Provence, à la mi-novembre, en présence des artisans et commerçants de la XVème circonscription des Bouches du Rhône, le Secrétaire d’Etat Hervé Novelli était à vos côtés pour présenter le plan d’action en faveur du développement du commerce de proximité. Pouvez nous tracer les grandes lignes de ces projets ?
Je me suis beaucoup rapproché de Hervé Novelli au cours de cette année 2008. Il a notamment pris en compte le fait que le commerce de proximité occupait une place importante pour notre économie et vitale dans l’animation des centres-villes et des communes rurales. Comme lui, je crois que pour s’adapter aux nouveaux défis et répondre aux attentes d’une clientèle qui manifeste une forte demande de qualité, de convivialité et de diversité, le commerce de proximité devra encore plus s’organiser et innover. Pour aller au-delà de la LME, le Secrétaire d’Etat a ainsi souhaité la mise en place d’un plan d’action dédié au développement du commerce de proximité au travers de dix mesures s’articulant autour de trois objectifs forts.
C’est d’abord améliorer la connaissance du commerce de proximité pour identifier les bonnes pratiques et les diffuser au niveau national et local par la création du conseil d’orientation du commerce de proximité, la prise en charge d’études préalables sur l’état du commerce local ou la mise en réseau et diffusion des bonnes pratiques par la publication d’un rapport annuel. C’est encore réformer les outils de soutien aux projets innovants, fédérateurs et porteurs de croissance pour le commerce de proximité par le lancement d’appels à projets nationaux sur des projets innovants et fédérateurs ou l’élargissement des critères d’éligibilité et des taux d’intervention du FISAC. C’est enfin valoriser le commerce de proximité par notamment le lancement d’une grande campagne de communication.
Hervé Novelli qui m’a notamment demandé de faire du conseil d’orientation du commerce de proximité évoqué plus haut.

Avec une cinquantaine de députés de la majorité, vous vous êtes opposé au projet de loi sur l’assouplissement des règles du travail dominical. Vous avez été reçu et entendu par le Président de la République récemment. Que pouvez-vous nous dire de cette négociation ?
Avec cinq autres députés, j’ai en effet été invité à l’Elysée par Nicolas Sarkozy le 15 décembre dernier. Nous avons été très bien reçus par le Président qui a souhaité maîtriser parfaitement tous nos arguments qu’ils soient économiques, sociétaux ou sociaux. Ce fut un dialogue très constructif.
Je crois que nous sommes sortis par le haut de cette négociation dans le sens où nous avons été entendus. Ainsi, je vous rappelle que d’un projet qui portait sur le travail dominical, nous avons inversé les valeurs puisqu’il s’agit bien maintenant de défendre le repos dominical. De plus, nous avons fait supprimer les zones d’attractivités exceptionnelles (ZACE), celles là même qui risquaient de conduire à une généralisation des grandes surfaces et créer une concurrence avec le commerce de proximité et d’une façon plus générale tous les centres-villes.
Cette loi va donc permettre d’inscrire dans le marbre l’existant notamment Plan de Campagne et certains secteurs d’Ile de France comme d’acter l’ouverture dominicale généralisée dans les zones touristiques. Bref, tout risque de généralisation est écarté ! Le Président nous a entendu. Son écoute et sa volonté de dialogue ont été sincères.

Sur fond de crise, l’année 2009 s’annonce difficile pour les consommateurs et donc forcément pour le commerce de proximité. Quels sont les dossiers et les positions que vous envisagez de défendre à l’Assemblée en 2009 ?
La défense du commerce de proximité, c’est la défense de tous les centres-villes des communes moyennes et des villages ! 95% des villes de France comptent moins de 20.000 habitants, c’est donc bien la défense plus que de la ruralité mais de notre identité dont il s’agit. Défendre le commerce de proximité, c’est encore défendre une qualité de vie et les repères forts de notre société. Je serai donc très vigilant à ce qu’il soit bien pris en compte lors des prochains projets de loi qui seront défendus devant l’Assemblée Nationale qu’il s’agisse de la relance de l’activité économique ou de la loi de finances.