Après que l'Assemblée Nationale ait approuvé l'instauration d'une taxe sur les sodas en PLF recettes, le Député Bernard Reynès a fait voter, le jeudi 3 novembre dernier, un amendement afin que la mesure serve à financer une baisse du coût du travail dans l'agriculture par la réduction d'environ un euro de charges sociales pour un Smic horaire.
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Lettre ouverte sur la laïcité au Président de la République
Dimanche, 27 Janvier 2008 10:00

Au lendemain du discours de Latran, le Député Bernard Reynès a adressé ce courrier à Nicolas Sarkozy, Président de la République, à François Fillon, Chef du Gouvernement ainsi qu'à plusieurs ministres. En voici la teneur,

"Député de la République, je revendique mon appartenance à l'UMP et mon engagement résolu et fidèle à notre Président.
Pour autant, j'ai comme chacun des convictions intimes avec lesquelles il est difficile de transiger. En effet, la laïcité fait partie de convictions profondes en moi. Très attaché à la loi de 1905, qui référence la séparation de l'Eglise et de l'Etat, je considère la laïcité comme une valeur fondamentale de la République et un pilier essentiel de nos institutions.
C'est au titre de ces valeurs que je tiens à faire part d'un certain malaise au lendemain du discours de Latran de Nicolas Sarkozy, le 20 décembre dernier. Qu'est ce que la laïcité positive ? A quoi correspondent « les aménagements techniques » avancés par le Chef de l'Etat ?
Personnellement, je ne reconnais pas d'autre morale que laïque tout en respectant la morale religieuse qui relève de la sphère intime.
Cette morale laïque est le fondement, à mes yeux, de la paix sociale. Elle est un instrument de cohésion qui nous permet d'éviter toute dérive communautaire. A la fois socle et outil dynamique d'émancipation, elle s'inscrit au frontispice de notre République et s'affirme dans notre Constitution en des termes forts qui ne souffrent d'aucune aspérité : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

La laïcité de la société civile signifie que les règles de la vie commune, consignées dans les lois, sont autant que possible affranchies de toute confession religieuse ou des évaluations éthiques particulières qui s'en inspirent.

De fait, la puissance publique, dont les fonds résultent d'impôts payés par des athées autant que par des croyants, n'a pas, à mes yeux à financer les cultes pas plus d'ailleurs qu'elle n'aurait à financer la diffusion de l'athéisme !

N'oublions pas que la laïcité puise clairement son essence dans les idéaux de 1789 ! Avec elle, les hommes peuvent édicter de lois qui leur permettent de vivre ensemble sans faire appel à Dieu. Elle ne marque pas pour autant la fin des religions : elle est la possibilité laissée à chaque citoyen de croire ou de ne pas croire à une puissance supérieure qui régit le monde.

Les mots nourrissent un état, l'histoire une évidence : Pour la France, qui se considère comme le pays des droits de l’homme, cette laïcité est apparue au fil de son évolution comme le cadre protecteur ! En disposant « la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes mais ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », la loi de 1905 cultive l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Car la laïcité implique l'assurance du droit à la différence sans dévier vers la différence des droits.

A mille lieux d'une définition sectaire, la liberté de chacun est au coeur de cette démarche ! Elle doit être preservée comme la prunelle de nos yeux.

Favorable au dialogue de toutes formes de pensée, et sans en référer à aucune d'entre elles en particulier, j'encourage tout échange entre les philosophies, les sciences, les éthiques, les spiritualités et les religions considérant cette diversité comme une richesse et ce dialogue comme l'un des fondements du vivre ensemble et de leurs indispensables solidarités. Constatons que les termes de liberté, égalité, fraternité nourrissent en leur sein la notion de laïcité. Elle est la base du vivre ensemble. Elle est le terreau d'une liberté absolue de pensée. Loin d'être poussièreuse, elle reste surtout d'une étonnante et grande modernité.

La laïcité continue de nous protéger de toute pensée unique. Loi ordinaire de la République, revisitée au fil des décades et remise en question au gré de cycles, la laïcité pour s'inscrire définitivement doit devenir loi organique. J'en émets le souhait fort que je sais partagé par beaucoup. Ciment de notre société, condition fondamentale de la vie publique, elle garantira cette paix sociale qui dure, hormis le tragique intermède des années noires de l'Occupation, depuis plus de cent ans !"