Après que l'Assemblée Nationale ait approuvé l'instauration d'une taxe sur les sodas en PLF recettes, le Député Bernard Reynès a fait voter, le jeudi 3 novembre dernier, un amendement afin que la mesure serve à financer une baisse du coût du travail dans l'agriculture par la réduction d'environ un euro de charges sociales pour un Smic horaire.
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Crise agricole
Mercredi, 02 Septembre 2009 15:26

Le Ministre Bruno Le Maire annonce des actions importantes au Député Reynès

A deux reprises, ce mardi 1er septembre au soir et ce mercredi matin dans le cadre de la commission « fruits et légumes » de l'Assemblée Nationale dont il est vice-président, le Député Bernard Reynès a travaillé avec le Ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire. L'occasion d'évoquer la situation de crise et d'aborder le court et moyen-terme.
Dans ce cadre, le Ministre a tout d'abord précisé que la question du remboursement des aides agricoles intervient dans un contexte de crise internationale générale (tous les fruits et légumes sont en difficulté). En ce qui concerne le remboursement des aides, le Ministre a rappelé qu'il faut: gagner du temps, que les producteurs ne soient pas pénalisés, que les remboursements n'écrasent pas les producteurs qui sont en situation critique et mener une bataille de procédure avec Bruxelles pour faire baisser la note.


Il a rappelé ensuite que la crise a deux aspects, l'un structurel et l'autre conjoncturel. Sur le plan structurel, il est désormais indispensable de repenser la PAC, de baisser le coût du travail (en passant de 10 à 13 euros à 8 à 9 euros), et de réorganiser la filière Fruits et Légumes. Sur le plan conjoncturel, nos producteurs doivent faire face à la baisse des exportations (notamment avec la fermeture des marchés algériens et russes pour les pommes), et à un afflux de produits venant d'Espagne et d'Italie suite à la fermeture des marchés des pays d'Europe de l'Est.
La question de la distorsion de concurrence concernant les produits phytopharmaceutiques a été soulevée. En effet, la France s'est imposée, avec le Plan Ecophyto 2018, une réglementation plus stricte que celle de l'Union Européenne puisque 15 molécules supplémentaires sont interdites. Le Ministre a répondu aux députés qu'on ne peut pas interdire l'importation de produits ne répondant pas aux normes françaises dans la mesure où ils respectent la réglementation européenne. En revanche, il faut, selon lui, valoriser les produits français en mettant en avant le fait que leur production est plus respectueuse de l'environnement, ce qui justifie un prix d'achat supérieur. Il souhaiterait que la France serve de modèle et que notre réglementation soit, dans un avenir proche, la norme européenne.
Concernant la Taxe Carbone, Bruno Le Maire a assuré les députés qu'il avait tout à fait conscience des menaces qu'elle ferait peser sur les producteurs, et en particulier sur les serristes. Il est, selon lui, impensable de prélever une Taxe Carbone sans qu'il y ait un retour vers les producteurs. Il compte intervenir auprès du Premier Ministre et du Président de la République pour qu'une redistribution immédiate à l'euro près soit accordée notamment aux serristes.
Pour soutenir les producteurs, le Ministre a demandé à la Grande Distribution d'abandonner les « remises rabais ristournes », puisqu'elles ne correspondent plus à une réelle mise en valeur des produits. Cet abandon permettrait aux producteurs de récupérer 4 à 5 % de marge. A ce jour malheureusement, le Ministre est confronté à un refus de la Grande Distribution.
Bruno Le Maire se penche également activement sur la question du coût du travail, car 60% du prix des fruits et légumes sont liés au coût du travail, ce qui ne permet pas aux producteurs de s'en sortir.
L'harmonisation fiscale est impossible à obtenir, néanmoins, le Ministre compte demander à Bruxelles la mise en place d'une Commission d'enquête sur le travail saisonnier afin de lutter contre le travail au noir qui est trop courant chez certains de nos partenaires européens.
Les députés se réuniront à nouveau avant le 22 septembre afin de faire au Ministre des propositions concrètes pour soutenir la filière fruits et légumes. Il serait en effet catastrophique pour notre pays que certaines productions disparaissent, faute de rentabilité.
A l'occasion de ces deux rencontres, le Député Bernard Reynès a demande à Bruno Le Maire de porter un regard particulièrement vigilant sur la situation dans les Bouches du Rhône et plus précisèment sur le nord du département où l'arboriculture et le maraîchage composent l'essentiel de la production.