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Presse
Mercredi, 06 Mai 2009 16:14

Article du "Journal du Dimanche" du 6 mai sur la proposition de loi du Député Reynès

Deux parlementaires partent en croisade contre les petits excès de vitesse. Non pas pour les combattre, mais pour demander que leur constatation n'entraîne plus de retrait de points sur le permis de conduire. Selon un sondage AutoPlus, les Français y seraient très favorables. Sur le thème sensible de la sécurité routière, la proposition risque de faire du bruit.


La démarche est courageuse. En s'attaquant au délicat sujet du retrait de points du permis de conduire, le député UMP Bernard Reynès prend a priori un risque, et même deux. Celui de se mettre à dos ses amis de même bord politique que le sien et de créer une polémique sur un sujet sensible avec les associations dédiées à la sécurité routière. Bernard Reynès a pourtant en sa faveur un allié de poids, celui de l'opinion publique puisque 71 % des Français y seraient favorables.
Favorables à quoi? A un projet de loi que Bernard Reynès - appuyé dans une proposition comparable du sénateur Nicolas About (Modem) - va déposer au Sénat jeudi 7 mai prochain et visant purement et simplement à ne plus sanctionner d'un retrait de points les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h: "Il faut arrêter de harceler les automobilistes. Pour qu'une loi soit correctement appliquée, il faut d'abord qu'elle soit comprise. Et ce n'est pas le cas aujourd'hui" clame ainsi M. Reynès.

Les points oui, l'amende, non

Une loi qui quoi qu'il en soit, si elle était adoptée, n'entraînerait pas de manque à gagner pour l'Etat puisque le texte du député n'entend pas supprimer (évidemment) le montant de la contravention de troisième classe qui accompagne ce type d'excès de vitesse. La démarche de Bernard Reynès semble en partie partagée au sein de son propre camp puisqu'il aurait déjà recueilli à ce jour pas moins de 120 co-signatures de parlementaires UMP, prêts à le suivre devant le Sénat demain.
Mais logiquement pas celle du ministre de l'Intérieur, comme l'a clairement dit le porte-parole du gouvernement Gérard Gachet. Même son de cloche réprobateur parmi les différentes associations dédiées à la sécurité routière qui rappellent les dégâts causés chaque année par les excès de vitesse sur les routes françaises, responsables de près d'un accident sur deux.