| Les médias parlent de Maussane |
Copé demande à Sarkozy de "tracer des perspectives" (France Soir, 12 juillet)
Copé aurait-il trouvé là « sa » roche de Solutré, qui fut le lieu de pèlerinage annuel de François Mitterrand ? L’intéressé balaie la question : « Les Journées de Maussane sont appelées à devenir un rendez-vous annuel. Le parallèle s’arrête là. » C’est tout de même bien l’occasion pour lui d’affirmer sa différence et son autonomie au sein de la majorité et, surtout, de compter ses amis. Et ils étaient nombreux ce week-end. Une soixantaine de députés UMP – dont Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier, Yves Jego ou Claude Goasguen – sont venus participer aux travaux à huis clos samedi ou assister au discours de leur champion dimanche. Présents aussi : un bon millier de militants. « Nous avons à notre tête un patron qui s’appelle Nicolas Sarkozy. Notre objectif est d’être rassemblés derrière lui », assure d’emblée à la tribune le député et maire de Meaux (Seine-et-Marne). Dénonçant le « climat détestable » de l’affaire Bettencourt, il réaffirme son « soutien total » à Eric Woerth. Lundi soir, Jean-François Copé attend de Sarkozy qu’il « trace des perspectives » et « qu’il aille au-delà de l’hyperactualité immédiate ». Mais « le vrai rendez-vous, c’est le remaniement », tempère Yves Jego, qui plaide pour un changement de Premier ministre. Sinon, « ça n’apparaîtra pas aux yeux des Français comme un changement », mais comme « un replâtrage ». Ce sera tout. D’ailleurs, les affaires, « on n’en a quasiment pas parlé » pendant deux jours, assure Copé. Qu’on se le dise : à Maussane, on est loin de Paris et des vraies et fausses polémiques nationales. Copé préfère plaider pour une façon de « faire de la politique différemment ». Il veut « revoir tout le système de fabrication des réformes », pour ne pas « continuer à décider depuis Paris ». Un « management participatif », appuyé sur les élus locaux et l’implication des Français via Internet, que ne renierait pas Ségolène Royal. Jean-François Copé entend aussi « dire la vérité aux Français » et « revenir aux fondamentaux » de 2007. « La gauche monte par défaut, et le Front national repointe son nez », met-il en garde. Dans ce contexte, il faut être « parfaitement au clair sur nos idées », insiste le patron des députés UMP. Il fustige donc la « consigne venue de notre parti nous disant […] “Soyons gentils avec M. Bayrou” ». Et d’insister : vous savez, le président du Modem, « qui, n’ayant pas réussi à droite, est allé voir à gauche puis, n’ayant pas réussi à gauche, veut revenir à droite, après nous avoir copieusement insultés ! ». Succès garanti auprès du public, tout comme lorsqu’il évoque la future loi sur la burqa. Hier, mine de rien, Jean-François Copé a dessiné « quelques lignes de ce que pourrait être le projet politique pour la France ». Ces idées viendront nourrir la plateforme présidentielle du candidat Sarkozy pour 2012. Mais les militants ne s’y sont pas trompés : « Génération Copé. Génération France… 2017 », proclament les tee-shirts. Et le député des Bouches-du-Rhône Bernard Reynès de glisser : « A part le président de la République, je ne vois pas, Jean-François, qui, chez nous, pourrait rassembler autant de personnes en plein mois de juillet ».
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